Les tribulations de Grand Voyou vers la Méditerranée : épisode 2

Quand le rêve de la voile conviviale devient réalité ...

Les tribulations de Grand Voyou vers la Méditerranée : épisode 2

28 juin 2017 888 Mojito Témoignages 5

L’annexe de Grand Voyou, essais à Vilamoura.

Le Mojito a comme particularité d’avoir intégré une annexe dans son garage,  sous le tableau arrière.

Cette spécificité est remarquable ;  en effet,  celui qui a goûté aux joies de la sortie de l’annexe de son coffre, celui qui l’a gonflée à bord, celui qui l’a dégonflée après usage, celui qui a essayé de la faire rentrer dans son sac toujours trop petit  et de réintégrer le tout dans un coffre , est le même qui prie chaque jour pour que l’étape suivante ne nécessite pas une nouvelle sortie de l’annexe.

Une corvée ! que dis je, un sacerdoce !! Ainsi, pour éviter ce « supplice », certains traînent  l’annexe quelques mètres derrière leur bateau. D’autres la déposent encore gonflée sur le pont, encombrant ce dernier. Les voiliers les plus imposants ont installé sur leur tableau arrière une paire de bossoirs pour y suspende l’annexe ; une solution inesthétique qui barre la vue et qui augmente considérablement le fardage. En résumé, personne ne sait comment gérer cette  maudite mais néanmoins nécessaire annexe !

Le chantier IDB marine qui à conçu notre Grand Voyou a trouvé une solution alternative astucieuse avec son tunnel à annexe. Qui plus est, cette disposition protège l’annexe des ravages du rayonnement solaire.

Pour l’heure nous n’avions jamais essayé cet esquif gonflable et pour être tout à fait honnêtes , nous ne l’avions même pas sorti de son garage.  C’est sous le soleil écrasant de La marina de Vilamoura que nous décidons d’utiliser notre annexe pour la première fois !

En fait, nous avions besoin de refaire le plein de gasoil mais la station service étant située à l’opposé de notre appontement ; l’opération nécessitait de déplacer Grand Voyou. Or le vent était  assez fort et nous n’étions  pas très motivés  pour enchaîner ces 4  délicates manœuvres. La deuxième solution consistait à se rendre à la station à pieds avec un bidon de 20 litres, mais faire le tour de l’immense marina sous cette canicule a rendu , très  vite,  ce projet caduque . Une dernière solution consistait à utiliser l’annexe afin de traverser le port !

Une opération  à la fois ludique et pratique.

Sortie avec aisance  de son garage, je frappe une amare et j’installe  le moteur électrique .Benedicte embarque avec la nourrice de Gazoil et nous voilà partis en goguette. On se marre, l’opération se déroule à merveille sous le regards des badots . Le retour se fait sans encombre, la mission est accomplie.

Le moteur est démonté, rangé dans son coffre.

C’est alors que j’imagine remplacer les noeuds des bosses qui permettent la rentrée et la sortie de l’annexe dans son garage, par une manille inox censée faciliter le décrochage. Je m’installe sur la plage arrière, hisse le nez du pneumatique et installe la dite la manille. Une fois fait, assez content de moi, je repousse fermement l’embarcation… hélas, j’avais  oublié de frapper au pneumatique la toute nouvelle manille…Voilà notre annexe poussée  par un fort vent du nord  qui dérive toute seule au milieu de la darse sous mes yeux,  impuissant !!!

Un plaisancier bien intentionné mais un brin  moqueur la récupère sur le ponton d’en face. Lorsque je le rejoins, il me dit en anglais, avec un certain humour « so British  » qu’il me faut attendre que le vent tourne au sud pour faire la route inverse.

Je ramène toutefois l’annexe tout penaud en ramant avec mes mains, Bénedicte m’accueille avec un large sourire. 

Ca c’est fait!

Vilamoura est une marina luxueuse, entièrement piétonne,  type cap d’Agde mais en beaucoup plus élégante et colonisée par les Anglais présents en masse. Il y a tout ce qu’il faut ; rien à dire, une étape semblable  de temps en temps c’est tout de même appreciable.

À bientôt pour de nouvelles aventures.

 

Cadix et la belle.

En provenance de Isla Canela, une marina type village vacances Pierre et Vacances , et poussés par une jolie brise nous arrivons enfin à Cadix. Rendue célèbre grâce à Louis Mariano, l’impressionnante citée fortifiée est implantée au sud de la baie du même nom. Un viaduc à haubans,  monumental , semble suspendu au dessus de la ville ; symbole du Cadix contemporain. Des grues, de lourdes installations et beaucoup de cargos témoignent d’une activité portuaire importante. Enfin, les fortifications;   la vieille ville rappelle que Cadix est une citée historique ; la plus vieille ville d’Europe !

La vielle ville est une péninsule fortifiée, les rues très étroites sont organisées selon un tableau orthonormé: angles droits et équidistance entre chaque blocs , proposent  une surprenante organisation pour une ville historique. Quelques jolies places, des jardins magnifiques , de belles plages très fréquentées.

Ce sont des orfèvres recyclés en jardiniers qui ont du prendre en charge la taille des arbres à Cadix. Les cyprès sont travestis en œuvres d’art contemporaines. Les Bougainvilliers sont rayonnants comme nulle part ailleurs, les cascades et fontaines sont partout présentes. Les allées pavées en damiers où alternent les carreaux de marbre blanc et les carreaux de granit noir forment un échiquier géant. Ce parterre vous conduit dans ce dédale de verdure aux couleurs multiples. A deux pas,au cœur de la cité, nous assistons à une série de processions religieuses qui sillonnent la ville au rythme  de bandas qui accompagnent et encouragent les porteurs.

Déambuler dans cette ville est un plaisir!Le frond de mer est époustouflant d’autant que le vent a beaucoup forcit et que l’océan gronde.

De retour sur Grand Voyou nous retrouvons le cockpit en vrac. Le fort vent a bousculé notre bateau. Nous avions installé les tauds de protection solaire plus une voile d’ombrage mais notre installation est mal en point. Un taquet en bois se lequel vient s’insérer les raidisseurs du taud s’est cassé. On a perdu un raidisseur , tombé à l’eau. La voile d’ombrage est en torche. On remet de l’ordre mais au vent chaud vient s’ajouter une pluie de cendres noires ; Un énorme nuage d’incendie arrive sur nous , porté par éole. Il nous apportera une chaleur encore plus sèche et une pluie de cendres continue pendant toute la journée. Chaque fois que nous nettoyons le pont du bateau, il faut recommencer ; c’est impressionnant !

Ce phénomène est dû à un énorme incendie au Portugal , du côté de Huelva.

Au petit matin  nous quittons Cadix,  le vent s’est bien calmé mais un résidu de houle nous secoue toute la mâtinée.

Vers midi, on passe le cap Trafalgar;  on peut infléchir notre route plus à l’Est,  la houle devient alors  plus confortable la bise se lève et Grand Voyou file jusqu’à BARBATÉ.

Poussés par un vent favorable de 19nds, secoués par une houle retrouvée, nous déboulons vers 15h dans le port de Barbaté en provenance de Cadix.

 

Barbaté  : dernière étape avant Gibraltar et la Méditerranée !

Tout était prêt pour le grand saut tant attendu vers la grande bleue. Une météo favorable, Grand Voyou nettoyé, profitant d’une eau plus chaude,  je m’étais même  mis à l’eau dans le port pour enlever ces algues sous la coque qui me narguaient depuis notre départ de Concarneau. Le check out auprès des autorités portuaires fait, le passe pour l’accès au ponton et aux douches restitué, le réveil mis à 6h pour un départ au crépuscule.

Au réveil, un dernier coup d’œil à  la météo avant de réveiller Bénédicte. Je sélectionne La zone Gibraltar et patatras, …..l’écran de mon application Météo-France apparaît tout rouge ; 30/35 noeuds  de vent toute la journée, sur fond jaune  au dessus du rouge s’affiche un avis de coup de vent sur Gibraltar. Ce passage avait été, pendant notre préparation, ciblé comme difficile. Pas question de prendre un risque dans ce secteur sensible où se cumulent: un gros trafic de cargos, des courants capricieux, un passage étroit entre une cote mal pavée et un chenal réservé, une mer formée par les vents et courants contradictoires.

Y ajouter 35 noeuds de vent et ce passage mythique peut  se transformer en cauchemar !!

Nous attendrons un jour de plus mais nous grillons notre dernière cartouche; Samedi 1er , nous avons réservé un avion à Malaga pour rentrer en France. Il reste 3 jours de navigation afin de rejoindre l’aéroport ; nous n’avons plus aucune de marge de sécurité.

Barbaté est une petite ville sans prétention mais qui paraît bien vivre. Cette cité aux pieds dans l’eau respire la dolce vita, sans les strass. Cette capitale de la pêche au thon  dispose conjointement au port de peche, d’une baie de sable blond et fin ou les Barbatéens viennent se rafraîchir en nombre chaque soir après l’école ou Le travail de 17h à 21h.

L’eau y est chaude, tantôt turquoise, vert émeraude ou bleue, la baie offre peu de fond mais elle est à l’abri des vagues. Une fois les pieds dans l’eau, il faut marcher longtemps pour ne plus avoir pieds. Un parfait spot pour les jeunes enfants. La plage est propre large et soigneusement entretenue. À l’horizon , à 20 milles seulement, les côtes Marocaines bien visibles nous observent, nous invitent. Devant nous à 4 heures de navigation c’est l’Afrique ;  on mesure concrètement que nous sommes à la pointe sud de l’Europe. Une rambla de front de mer offre une jolie ballade, les terrasses des glaciers et restaurants se succèdent sur ce front de mer incurvé.

L’intérieur de la ville est plus  pittoresque: de petites rues étroites qui abritent de jolies maisonnettes accolées, toutes de couleur blanche. Un petit marché couvert où les poissonniers font la part belle au thon sous toutes ses formes. Ce marché déborde largement de son enceinte et donne à ce quartier piétonnier une ambiance bonne enfant.

Bref vous l’aurez compris cet arrêt forcé est plutôt agréable. La marina est déserte, mais sympa, seul bémol elle est établie  après le port de peche loin de la ville 2 km environ, même en trottinette ça fait long, d’autant que les trottoirs sont inexistants et que la ballade n’a aucun intérêt. 

À bientôt pour de nouvelles aventures.

Bénédicte et Jean Michel.

 

5 réponses

  1. Merci Bénédicte et Jean-Michel pour ces savoureux témoignages ! http://blog.idbmarine.com/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_mail.gifhttp://blog.idbmarine.com/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yahoo.gif

  2. Yves Curel dit :

    Cadix très bon souvenir d’une escale il y a 4 ans lors du convoyage de mon malango 1045 de Concarneau à Marseille.

  3. Noyelle Marc dit :

    Merci pour cette belle rédaction.
    L’annexe est en effet bien pratique même sans moteur.
    Nous attendons l’épisode 3 avec impatience.

  4. Lebrun dit :

    C’est toujours avec le même régal à vous lire.
    Bonne continuation et à bientôt
    Seasun

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