Les tribulations de Grand Voyou vers la Méditerranée : épisode 5

De MOTRIL à ROQUETAS DEL MAR.

Une étape au moteur, oui ….. voile et moteur « grrrrr » !!

On double plusieurs caps, la côte rocheuse est désertique , jonchée de serres agricoles ; il y en a sur 100 km environ. Peut-être des cultures de fraises ? Il n’y a aucune terre, ce sont donc  forcément des exploitations hors sol ….. à vérifier !

ROQUETAS est un port mignon avec une implantation rationnelle : un quai exclusif pour les pêcheurs professionnels sur la gauche, deux bassins sur tribord, un long quai d’accueil visiteur au centre. Entre les deux bassins, la capitainerie et les sanitaires trônent sur un pôle en plein milieu du port. Les formalités sont expéditives ; le tout est réglé en un éclair. Pas de « check out » à prévoir, pas de caution pour les clefs. Même l’adaptateur électrique nous est prêté en toute confiance ;” laissez tout sur la borne demain en partant” ! . Le rêve du caboteur se trouve  ici à ROQUETAS DEL MAR. Les places visiteurs sont contiguës au quai d’accueil, pas besoin de refaire une manœuvre, il suffit de haler le bateau sur 20 m devant une borne d’eau et d’électricité.

Mais, il faut bien une anecdote à toute étape !  Alors je vous la livre :

Ce samedi soir là, c’était la Féria à ROQUETAS DEL MAR. Corrida bien sûr, mais aussi une fête foraine. Installée où? ….Autour du port !

Et dans le prolongement de cette fête, ….un orchestre en plein air !

Oui, parce que la fête foraine en Espagne ne démarre vraiment qu’après 22 heures

Avant 22 heures, les  sonos des manèges jouent les préliminaires . Vous l’aurez déduit, une fête qui commence tard, finit tard. C’est donc naturellement vers 2 heures  du matin que les unes après les autres les musiques des grands manèges se sont tuent. Un moment très attendu ; un répit pour nos oreilles qui, même bourrées de  boules quiès, résonnaient d’un brouhaha sonore fort désagréable.

C’est à ce moment précis que le concert de plein air, qui se déroulait concomitamment à la fête foraine , a pris le relais jusqu’à 7 heures  du matin !!

Tiens 7 heures,  c’est précisément notre heure de départ !!!

Mon coéquipier a les paupières en capote de fiacre. Il n’a pas dormi, il me raconte sa nuit passée sur le pont,  comptant les heures.

Le tour de ville n’a pas beaucoup d’intérêt ;  le front de mer est plus séduisant : une belle plage, un fort d’inspiration maure, entouré d’une batterie de canons du 15 ème siècle. L’intérieur du fort abrite une surprenante exposition de costumes de Star Wars et d’ Indiana Jones …..chercher l’erreur!

Le départ est magique, dans le silence retrouvé d’une cité enfin endormie.

« Grand Voyou » file sur une mer d’huile .

J’aime toujours autant les départs au petit matin.

CARTAGENA

 C’est en provenance de GAROUCHA que nous entrons dans l’anse naturelle de CARTAGENA. Ici , on comprend pourquoi depuis des millénaires les marins se sont disputés la place. La baie est quasiment close, invisible depuis la mer ; la cité est masquée. On entre par une large passe dérobée qui s’ouvre à nous à la dernière minute.  Elle débouche sur un vaste bassin profond, protégé par de hautes collines. 

Des tours veillent sur ce trésor, jonchées sur chaque sommets. C’est  que la place est précieuse, une chasse gardée en quelque sorte !

Du reste, les militaires sont toujours présents. Pas moins d’une dizaine de navires de guerre sont à quai. 

Nous progressons dans ce bassin, sur notre tribord, un ancien port industriel, encore en activité alors même que le port de commerce principal a élu domicile à l’extérieur implanté sur une baie voisine, plus adapté au fret moderne. La rive à bâbord est réservée aux arsenaux et à la flotte militaire. En face, le port de plaisance et sa marina bien protégée. Alors que nous arrivions sous voile, poussés par 16 nœuds de vent sur une mer qui commençait à se former, dans la baie, le vent a quasiment disparu à l’intérieur de la marina, il n’y a même plus de clapot.

Un Bosco nous fait signe depuis un ponton : ce sera un accostage par l’avant avec prise de pendille.  Facile, Il y a de la place,  pas de vent, un coup de marche arrière pour ramener  « Grand Voyou », au point zéro. Le Bosco réceptionne les amarres avant et les frappe. Un brin de marche arrière pour maintenir « Grand Voyou » écarté du quai. La gaffe récupère la pendille visqueuse, rendue coupante par les coquilles qui ont élu domicile sur l’épais cordage.  Heureusement, j’ai gardé mes gants ; c’est moins désagréable et preserve mes doigts. Je mets en tension « Grand Voyou » par l’arrière  et nous voilà prêts pour le marathon propre à chaque équipage en escale. 

Tout commence par le raccordement au quai en eau et en électricité. Il faut savoir qu’il n’y a pas de raccord normalisé entre les ports. Vive l’Europe ! Dans un même pays, chaque port fait ce qu’il veut. Pire encore, dans le même port on peut rencontrer des installations différentes d’un ponton à l’autre…

Commence alors un grand jeu qui consiste  à jouer avec les raccords 15/21 ou 20/27 pour le tuyau d’eau.  Idem pour les prises électriques de quai, des  grosses ou des petites avec 3/4ou 5 broches c’est selon !  

Étapes suivantes : rincer le pont du bateau que les vagues d’une journée de voile auront généreusement salé. Effacer les signatures de la boueuse pendille. Ranger le cockpit sous peine d’attirer les malveillants. Enregistrer le bateau à la capitainerie. Refaire le plein de gasoil et d’eau douce. Prendre une bonne douche pour se donner du courage. Avitailler en eau potable et en produits frais. Enfin visiter la ville. Dénicher une belle terrasse  à l’ombre et siroter une “cagnas” ( bière pression ) bien fraîche. Déguster quelques tapas en consultant la météo du lendemain. 

Bon, je dois reconnaître qu’à partir de la douche les  étapes se font sans trop d’effort !

 La marina de Carthagéne est bien rodée ;  le Bosco qui vous aide à la manœuvre, vous remet en même temps le documents d’enregistrement. Cela fait gagner un temps précieux lorsque les visiteurs se présentent avec leur documents pré remplis. 

L’idée est simple et efficace, dommage que cette procédure ne soit pas généralisée. Cette marina est neuve, aux pieds des remparts Carthaginois, elle nous plonge directement dans le passé historique de la cité . Autre point remarquable, l’organisation générale est différente des autres ports. Habituellement les douches, les pontons, les toilettes, sont dispersés au milieu d’un espace public et ne s’ouvrent qu’avec des clefs ou des codes afin de réserver leur usage aux seuls plaisanciers. 

À Carthagène c’est l’ensemble de la marina qui est clôturée. Ainsi, lorsque vous êtes dans l’enceinte, tout est libre d’accès. Les Espagnols sont avant-gardistes dans l’aménagement des espaces publics. Cette marina est le parfait exemple d’un aménagement bien pensé. L’idée de génie c’est d’avoir réalisé la clôture de la marina en verre transparent à une hauteur d’épaule.  Ainsi, le badaud, le promeneur, le passionné de bateaux peut exercer sa curiosité sans contrainte. Cette marina reste complètement intégrée à la ville et ouverte aux regards.  En ce sens, elle préserve son rôle d’attraction touristique et récréatif tout en protégeant ses plaisanciers. 

A votre retour de ville, vous annoncez le nom de votre bateau à l’interphone et vous accédez à la marina Quelle bonne idée !

 Carthagéne est superbe très attachante, beaucoup de rues piétonnes, de splendides façades et de nombreuses terrasses animées et bercées par des orchestres de rue. Le soleil est enfin passé derrière collines, la température est un peu plus supportable. II est temps pour le carthaginois déambuler dans les ruelles encore chaudes du centre-ville. Ils font leurs courses, sortent du travail, se retrouvent en couple en famille et entre amis. Ils s’attablent en terrasse et partagent un moment sociétal important en rupture avec leur journée. C’est la dolce vita.

Ca roule bien en trottinettes sur ces rues pavées de marbre blanc. Cela nous permet d’aller vite et de nous enfoncer au cœur de la ville en un rien de temps.

Nous rejoignons un point culminant et  de ce belvédère nous visualisation la ville dans son ensemble. Cette cité à une âme, elle transpire d’histoire et de modernité, elle montre aussi qu’elle a traversé les époques et vécu des périodes moins faste mais elle nous donne l’impression qu’ elle n’a pas dit son dernier mot.

La nuit est tombée en un rien de temps lorsque nous rejoignons Grand Voyou. Les yeux pleins de cartes postales, le cœur léger, le cerveau légèrement embrumé  par les “cagnas.”

Une belle étape où domine le sentiment d’avoir,  l’espace d’une soirée, partagé cette douceur de vivre.

Jean-Michel

PENISCOLA

Petite vidéo du mouillage dans le port de PENISCOLA

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