Le Malango 870 Loarwenn à Molène

En cet été 2017, pas mal de Malango / Mojito sont passés par Molène : Voiles et Voiliers y avait même consacré un article à bord du Malango 888 “La Valbelle”. Ici le témoignage de Philippe, propriétaire du Malango 870 “Loarwenn” basé à Roscoff.

Rencontre de Loarwenn et Le Pélican le 15 août 2017 à Molène

Nadine et moi avions prévu cette semaine-là une virée avec Loarwenn aux anglo-normandes depuis Roscoff, notre port d’attache. Mais la perspective d’un aller au près le 14 août puis d’un retour au près le 15 et le 16 pour être rentrés avant la dégradation prévue le 17 et donc sans même rester 24 heures sur place, nous a fait changer d’avis. Pas d’anglo-normandes cette année donc, avantageusement remplacées par Molène pour profiter du faible coefficient de marée et de la possibilité d’y passer la nuit à flot, quille remontée mais sans avoir à béquiller.
Départ le 14 août, avec un temps magnifique et effectivement au portant mais avec un vent évanescent. Il a fallu se résoudre à s’en remettre à la risée Yanmar pour nous conduire à l’Aber Wrac’h par le chenal de la Malouine, toujours source de légers picotements même lorsque l’alignement du Petit Pot de Beurre et de l’amer blanc de Petite Île est bien visible. Diner le soir selon notre tradition à la crêperie Le Captain : déjà 5 étoiles pour les crêpes et le cidre, mais les huîtres locales sont hors compétition et valent le déplacement.
Le lendemain, départ avec le jusant. Nous n’atteindrons même pas la cardinale Basse Paupian à la voile, et serons contraints de nouveau de tout affaler et de lancer le moteur, heureusement sous pilote automatique. J’ai rarement vu une telle pétole en Iroise!  Les mauvaises langues diront que ces heures de moteur nous ont permis de vérifier que notre presse-étoupe était bien remis en place et étanche après la mésaventure de la semaine précédente qui avait exigé une mise au sec d’urgence de Loarwenn. Je passe sur les détails de cette expérience un peu scabreuse mais qui s’est bien terminée. Le Père Noël apportera cette année un joint tournant RMT à Loarwenn. Rien de mieux que 2 jours de moteur pour vérifier que c’est la voile que nous apprécions, pas le motonautisme, et que nous ne nous sommes pas trompés en achetant un voilier. Pas n’importe lequel en plus!

Arrivée à Molène en fin de journée sous un soleil éclatant. Nous avons le chic pour être les 15 août là où tout le monde est, bien évidemment sans le faire exprès. Ainsi, nous avons visité le Puys en Velay il y a quelques années un 15 août, jour de LA procession annuelle. Nous avons pu admirer la Vierge Noire … mais nous n’étions pas tout à fait seuls. Et il y avait aussi foule le 15 août cette année à Molène, avec kermesse à terre, baptêmes de l’air en hélicoptère et tous les canots de la SNSM présents et passés qui s’y étaient donné rendez-vous. Nous avons pas mal tourné avant de trouver un corps-mort disponible. Il a fallu que les canots de la SNSM aient appareillé pour rejoindre leurs bases. Il y avait un bal le soir mais le vent qui était entre temps revenu était bien orienté car nous n’avons rien entendu ou presque. Et puis beaucoup de visiteurs étaient repartis sur le continent.

Mais le clou du spectacle a été l’arrivée du Malango 1045 Le Pélican qui a aussi un peu tourné avant de trouver un corps-mort libre, magnifique dans sa livrée gris-anthracite. Je ne suis pas sûr que notre relation de cousinage ait été identifiée par l’équipage de Le Pélican. Je le laisse répondre dans ce blog. Il faut dire qu’avec les cadences folles de production des Malango et Mojito de différentes tailles, les Malango 870 (11 fabriqués ?) avec leur élégante coque sans bouchain constituent un groupe à part, aux membres certes très sympathiques et dynamiques mais objectivement minoritaires  ! Il est aussi vrai que nous avons supprimé le bout-hors de Loarwenn et l’avons remplacé par une magnifique delphinière de Malango 888. Ceci en rend plus difficile l’identification. Quel progrès que cette delphinière qui apporte plus de sécurité avec l’ancre qui reste à poste, simplifie les manœuvres de spi et de gennaker sans entamer les performances, et supprime le bout-hors, la sous-barbe qui finissait par faire mèche et les bouts de manœuvre dans la cabine et au-dessus de la couchette avant !

Retour le 16 août. Nous sommes partis tôt pour profiter du flot et nous assurer que vent, de retour et orienté SW, et courants porteraient dans le même sens au niveau du Four. Nous n’avons pas osé réveiller l’équipage de Le Pélican et sommes partis sur la pointe des pieds à la voile. Envoi du spi dès le passage de la rouge et de la verte du chenal. Les 10 milles largue – grand largue jusqu’au Four ont été avalés en 1 heure et 05 minutes, avec probablement un petit nœud de courant avec nous. Nous n’étions que très rarement au-dessous de 9 nœuds avec 15 – 16 nœuds de vent dès que nous avons repris la barre. La vitesse maximale enregistrée par le loch-speedomètre a été de plus de 12 nœuds. Contrairement à la veille, on se battait pour tenir la barre ! Avec la houle et la vitesse du bateau, nous avons atteint les limites du pilote automatique qui pour une fois barrait moins bien que nous. Et toc ! Mais il va falloir que je me plonge dans les réglages et calibrages fins du pilote. Aïe !

Affalage du spi à Lizen Ven Ouest pour lofer en direction d’Aman Ar Ross puis de La Plate de l’Ile de Batz. Je m’attendais à ce que le vent forcisse plus qu’il ne l’a fait, et j’ai décidé de rester sous foc autovireur et GV haute, sans envoyer le Gennaker bien que nous ayons fait toute la route au largue – bon plein. Notre vitesse oscillait entre 7 et 8 nœuds, parfois plus, et aucun bateau de la meute qui nous poursuivait ne nous a rattrapés. Sauf un trimaran qui a mis longtemps, très longtemps, à y arriver et nous a doublés laborieusement au large de Moguériec. Nous lui aurions peut-être tenu tête avec le Gennaker. Il nous a ensuite littéralement laissé sur place grâce à une meilleure option que la nôtre, en tirant un bord au large où les courants de la marée qui avait fini par s’inverser étaient probablement moins défavorables. Passage du chenal entre l’Ile de Batz et Roscoff contre le courant mais à grande vitesse. Il fallait passer avant 17h55 ou après 21h45 pour avoir les 4 m de hauteur d’eau. Cela permet de se prémunir contre le 1,7 m souligné qu’il faut être vicieux pour aller chercher, et donc passer en toute sécurité sans avoir à faire trop attention. J’étais inquiet au départ en me demandant si nous arriverions à temps. J’avais sous-estimé la vitesse que nous maintiendrions toute la journée car il n’était pas 14h20 lorsque nous nous sommes engagés dans le chenal. Puis affalage des voiles et retour à notre place au port du Bloscon à Roscoff.
50,1 milles sur l’eau en 7 heures exactement – j’ai mis l’électronique ON à 08h15 et OFF à 15h15 – du corps mort à Molène au ponton à Roscoff, c’est-à-dire y compris les manœuvres de port et l’envoi et l’affalage des voiles. Donc largement plus de 7 nœuds de moyenne, du grand largue au bon plein, en toute sécurité et sans le moindre départ au lof ou autre. Pas mal pour un voilier de 8,70 m.

On ne le dira jamais assez : beaux et bons sont les voiliers d’idbmarine … y compris les plus anciens !
Philippe

 

3 réflexions au sujet de « Le Malango 870 Loarwenn à Molène »

  1. Oh salut Loarwenn , eh bien cousin je suis désolé de n’avoir pas prêté attention à mes voisins de mouillage à Molène ce 15 août et de n’avoir pas identifié un membre de ma famille , mon equipage et moi même étions fort pressés de faire un brin de promenade sur l’île et de goûter la si particulière saucisse de Molène si bien associée à une bière non moins locale pour marquer l’anniversaire du bateau de sauvetage local , une bonne soirée en tout cas , il ne manqua en définitive que la joie de partager avec vous un verre et des impressions , bien amicalement , pascal et Sophie Malango Le Pélican

  2. Bonsoir,
    Vous nous avez offert un très beau spectacle car nous avons pu admirer le Pélican sous toutes ses coutures. Vous aviez l’air pressés d’aller à terre et nous n’avons pas voulu vous retarder. Nous avions un peu d’avance sur vous et avions déjà fait le tour de l’île à pied. C’est dommage car nous avions un excellent whisky et un pas moins excellent porto à bord que nous aurions eu plaisir à partager. Faisons en sorte que ce ne soit que partie remise !
    Bien amicalement,
    Nadine et Philippe

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