Maxi 650 WILLIWAW : retour sur la SAS 2018

Voilà deux semaines, déjà, que nous sommes de retour avec Williwaw, il est temps de vous raconter mon expérience.
Après une semaine folle de préparation, nous voilà enfin en route vers la ligne de départ avec un passage par le mythique chenal des Sables d’Olonne, un vrai moment d’émotion. 13 heures, top départ, cap sur Horta, enfin pas vraiment, une dorsale anticyclonique ( zone sans vent) se trouve sur notre route, cela nous contraint à faire cap sur le nord de l’Espagne. Malheureusement, 1 heure après le départ, lors d’un faux mouvement je m’abime le ménisque, me voilà immobilisé, pas facile quand on sait que l’on part pour 10 jours de course, des envies d’abandon me traversent l’esprit. Je décide d’attendre le passage du Cap Finistère pour prendre une décision.
Par la suite, un problème de spi me fait perdre beaucoup de places, mes douleurs au genou ne cessent pas, au cap Finistère j’ai déjà vingt milles de retard sur les premiers mais je décide quand même de continuer l’aventure. Et quelle aventure… d’après le bulletin météo 50 nœuds sont prévus dans la zone vers laquelle nous nous dirigeons “ mon sang ne fait qu’un tour”, je décide de faire cap au sud, l’objectif est de préserver Williwaw et mon genou, la suite se solde par deux fronts de 30 nœuds et une mer défoncée avec entre les deux une grosse zone de pétole, dur dur pour les nerfs. Le plus difficile ne s’avère pas être la météo car Williwaw se révèle être très marin mais plutôt mes problèmes d’énergie. Effectivement, je suis équipé seulement de panneaux solaires et malheureusement depuis le début de l’étape il y a peu de soleil, difficile donc de recharger les batteries. De plus, je rencontre des problèmes de pilote depuis le cap Finistère, durant le second front je vais devoir passer vingt-quatre heures à la barre dans 25 à 30 nœuds, pas vraiment le moment le plus agréable de la traversée. Pour les derniers tronçons le vent s’essouffle complétement et je n’ai toujours pas la BLU, donc pas de météo et pas de classement, mes nerfs sont mis à rude épreuve. Heureusement pour les cent cinquante derniers milles, le vent se lève et me permet de faire route direct vers Horta, sous Gennak, et en prime des bancs de dauphins m’accompagnent. Je coupe la ligne d’arrivée en dixième position, pas mécontent d’arriver après une étape si difficile.
Après quatre jours fabuleux sur cette île magnifique, où il a fallu réparer les plaies de la première étape, nous voilà de nouveau en route pour les Sables d’Olonne, les conditions annoncées sont propices au mini 6.5, du vent portant et 20 à 25 nœuds de prévus. Je prend un super départ et me retrouve en tête de flotte. Malheureusement, une zone de molle m’arrête de longues minutes et je vois les copains se faire la malle! Je vais à un nœuds quant eux filent à 7 nœuds. Au moment où le vent revient pour moi j’accuse déjà un retard de 10 milles. Malgré cela, les deux premiers jours de course sont plutôt agréable, nous quittons les Açores sous spi avec une belle mer. Cap au Nord Est afin de sortir de l’anticyclone des Açores et aller chercher un front ( du vent) qui nous permettra de mettre le clignotant à droite et donc de faire route vers les Sables d’Olonne. Celui-ci est annoncé pour la troisième nuit, moi-même et la plupart de la flotte l’anticipons en réduisant la toile à l’approche de la nuit. Le vent ne dépasse pas les 23 nœuds mais la mer est vraiment mauvaise, Williwaw commence à faire de jolis surf. J’entends certains concurrents à la VHF qui commencent à trouver les conditions difficiles, personnellement, tout se passe globalement bien à bord, même si comme à la première étape je dois limiter les manœuvres afin de préserver mon genou, de plus mes problèmes de batteries ne me permettent pas d’exploiter le bateau à 100 %. Ce coup de vent initialement prévu pour quelques heures va finalement s’accompagner d’un ciel de traine très actif, cela va durer 48 heures avec des gros grains qui feront varier le vent en direction et en force. Difficile dans ces conditions de trouver le sommeil surtout avec un pilote défaillant, je décide donc d’attaquer la journée et de lever le pied la nuit car il fait nuit noire, aucune visibilité, je ne veux donc pas faire de sortie de route et abimer Williwaw. Malgré cela, nous effectuons une belle remontée sur l’ensemble de la flotte avec notamment une journée où je parcours 258 milles, de nombreux surfs à plus de 17 nœuds et quelques uns à 19 nœuds, un super moment car Williwaw s’avère très marin, même si comme tout le monde je vais avoir mon lot de petites galères avec notamment ma barre qui va se décrocher en plein surf! S’en suit un atelier bricolage en mode Rock’n Roll! Le moment le plus angoissant va être la rencontre avec une baleine…effectivement alors que je suis lancé à plus 14 nœuds, je vois un geyser devant moi, juste le temps de tirer la barre pour l’ éviter. Je vous avoue que je vais mettre pas mal de temps à retrouver mes esprits après cette grosse montée d’ adrénaline. Pour la traversée du Golfe de Gascogne une dorsale anticyclonique nous barre la route, je décide donc de remonter au Nord afin d’éviter cette zone tampon. Cette traversée va s’avérer longue et difficile, le vent est faible et toujours pas de soleil cela va me conduire à un black-out complet d’énergie. Malheureusement pour moi mon option ne sera pas payante, heureusement que j’ai un peu d’avance sur mes poursuivants ce qui me permet de finir à une belle 7 éme place en prototype sur cette 2éme étape. Les concurrents de derrière étant bloqués dans la molle les écarts vont s’avérer énormes, cela me permet donc de finir 8 éme au classement général.
Autre point positif, Je me classe virtuellement 4éme en bateau de série et 6éme au général, catégorie dans laquelle nous serons amenés à courir dans le futur. 3éme point positif, Williwaw et moi sommes officiellement qualifiés pour la mini transat 2019, nous avons réussi ce pari en moins de trois mois.
Merci à tous pour vos nombreux soutiens et encouragements, un clin d’œil à Malo, Marie, Damien et la petite Juliette pour la semaine de préparation et à Daniel et Brigitte pour leur chaleureux accueil et surtout merci à l’organisation pour cette superbe course. Un grand bravo à nos deux supers vainqueurs !
Maintenant cap sur la duo-Concarneau avec Jean-Marie. Nous partons jeudi prochain pour 300milles en Sud Bretagne. S’ en suivra la chrono fin septembre sur Lorient avant d’attaquer les entrainements d’hiver pour préparer la saison 2019 et son objectif majeur: La mini-transat.

Une réflexion au sujet de « Maxi 650 WILLIWAW : retour sur la SAS 2018 »

  1. Bravo pour toute l’expérience acquise en si peu de temps avec Williwaw et quelles belles nav. et félicitations pour la qualif. de la mini transat.
    Bonne continuation https://blog.idbmarine.com/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_good.gif

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