23 septembre 2021

L’histoire de Marion….

Marion est le dernier Ikone 750 réalisé.
L’Ikone 750 est ce cat-boat conçu et produit par le chantier Espace Vag, à l’époque où le chantier était dirigé par Pierrick de KERVENOAEL.
Pierrick avait mis en vente son chantier pour prendre sa retraite et le nouvel acquéreur a récupéré un chantier qui avait une bonne réputation et un plan de charge équilibré entre productions neuves, entretien hivernage et travaux pour des bateaux de pêche.
Peu avant ce changement de propriétaire, Mathilde avait craqué pour ce biquille qui a été élu voilier de l’année en 2016.
Ensuite…  Mathilde va vous raconter l’histoire…
Août 2021 :

Déjà un mois et demi que Marion est à son port d’attache (Dunkerque), il est temps que je fasse le petit résumé pour que nous puissions partager son histoire !

2017
Cela a débuté en 2017 quand, en plus de la carène, j’ai craqué pour le gréement de cet atypique Ikone 750. Malgré des essais avec des chantiers français ou … polonais, je restais fixée sur l’Ikone. Pas d’occasion à l’horizon, alors il y a eu les premiers contacts toujours sympathiques, chaleureux, bref positifs, avec Pierrick, notre rencontre sur le Nautic de Paris et l’essai sur “Cat Ode” le premier exemplaire de la série.
2018
En juin 2018, je craquais pour l’Ikone 750 et malheureusement lorsque j’ai pu signer la commande, Pierrick avait pris sa retraite et j’étais à des années lumières de penser qu’un nouveau repreneur allait en aussi peu de temps mettre à mal, et carrément à bas le chantier Espace Vag.
De la mi juin 2018, date de la commande, à la Toussaint, je n’ai reçu du nouveau patron du chantier que des messages mensongers sur l’état d’avancement des travaux de construction de mon bateau, numéro 6 de la série. N’étant pas disponible professionnellement  à la rentrée pour un premier constat de la construction, je ne me suis rendue au chantier qu’à la Toussaint de la même année. Hélas, bien qu’ayant versé 40% du prix du bateau, rien n’avait bougé, pas une commande fournisseur passée… la coque était toujours dans son moule (coque faite avant la vente du chantier) alors que le contrat précisait une livraison pour le 30 janvier 2019, jusqu’au 15 mars 2019 dernier délai…
J’ai fait le retour sur Dunkerque les larmes aux yeux en me disant que mon bateau n’allait jamais être construit. 
Heureusement, Pierrick était là pour me remonter le moral, me faire naviguer sur son bateau et me conseiller. (je ne le remercierai jamais assez d’avoir toujours été auprès de moi dans cette histoire !).
Le nouveau dirigeant du chantier trouvait des excuses en voulant me proposer des modifications sur le standard. Début novembre, j’ai du faire ma première lettre recommandée avec AR pour lui rappeler la commande et les termes du contrat ainsi que le refus total de toute modification du bateau.
Sur les mensonges, l’absence de travail, les explications et histoires rocambolesques du nouveau dirigeant, je n’étais plus que dans un climat de méfiance et de crainte…
Et ceci s’est confirmé lors de notre rencontre durant ma visite au Nautic 2018. Je n’ai eu que des retours catastrophiques des partenaires et fournisseurs du chantier. Je sentais bien le dépôt de bilan se profiler pour 2019. (Rentrée en larmes du Nautic !).
2019
Malgré les échanges qui devenaient très tendus et menaçants avec le chantier, la construction a reprise en janvier 2019. 
Malgré les semaines de retard, je n’ai été sollicitée que le 6 avril 2019 pour faire la réception du bateau.
Le PV de livraison a été falsifié avec des mensonges sur les réserves (j’ai demandé immédiatement la destruction de ce document en exprimant de suite mon refus). Abusant de ma confiance, le dirigeant du chantier a envoyé le document à la banque avec la facture 3 jours plus tard, mais la facture et le PV n’ont pas été acceptés par la Banque au vu des circonstances et des 98 lignes de malfaçons, absences au standard et options de commande non exécutées.
J’ai dû entamer une procédure judiciaire et demander une expertise du bateau. Toute démarche amiable a été refusée par le chantier et la porte fut fermée à l’expert en mai 2019. Entre les avocats, les échanges se faisaient déjà sur l’annonce prochaine d’un dépôt de bilan et c’est ce qui s’est produit le 19 juillet.
Le bateau passait dans les mains du mandataire judiciaire et je risquais de tout perdre, y compris les 50% versés à cette date.
Vu que la procédure était lancée en amont, le liquidateur a accepté de négocier.  Il a fallu attendre le 27 septembre pour avoir la rencontre avec mon expert et le contre expert de la banque. Tous les deux étant totalement en accord avec l’état irrecevable du bateau, ils ont quasi rédigé leurs rapports de concert.
J’ai eu l’autorisation de faire un devis de remise en état, et comme avec Pierrick, IDBmarine ne m’a pas oubliée et a pu pénétrer sur le chantier pour faire le devis qu’au mois de  décembre ! Seule la liquidation du chantier et la vente des moules des bateaux par le commissaire priseur a permis cette opportunité, le dirigeant du chantier, propriétaire des lieux, ne facilitant en rien les démarches. Entre temps des équipements du bateau (sellerie, manivelles de winch, lignes de vie, bouteille de gaz,…) disparaissaient
2020
Les négociations ont duré toute l’année 2020 : le premier trimestre a été l’acceptation du devis, le deuxième trimestre ce fut la désolidarisassion avec la banque, qui voulait réclamer bien plus à au dirigeant défaillant suite aux nombreux impayés qu’ils avaient avec lui (j’ai donc continuer seule en perdant ma LOA et empruntant ailleurs, car je ne pouvais pas être tributaire de l’ensemble des casseroles du responsable du chantier). Le troisième trimestre concernait le passage devant le juge du Tribunal de Commerce de Quimper pour valider (ou pas !…) l’accord de négociation entre le mandataire et moi.
Pour le dernier trimestre (mais bien après Noël !) j’ai eu enfin l’accord du juge : j’étais propriétaire de mon bateau. J’ai du payer la part demandée 3 mois avant, sans autorisation de voir l’état du bateau, resté 2 ans « à l’abandon ».
2021
Enfin, le 26 février 2021, j’ai pu prendre possession de mon bateau… bon anniversaire Mathilde !
Et là encore, Idbmarine ne m’a pas laissée tomber ! Nous avons revu ensemble les travaux à faire.
Le 8 Avril, Marion a pu être transféré, et Idbmarine a commencé les travaux pour rendre Marion navigable.
L’ironie du sort est qu’entre temps Idbmarine a récupéré  le site de l’ancien chantier Espace Vag : Marion sera terminée là où elle avait été commencée !
Le bateau a été complétement vidé et les emménagements partiellement démontés pour reprendre toutes les malfaçons : les expertises n’avaient pas tout vu… Idbmarine m’a toujours informé régulièrement de l’avancement des travaux me proposant toujours des solutions adaptées en faisant attention à l’esprit du devis initial.
Pour finir…
Le 26 Mai 2021, Marion a été remis à flot… et Mathilde, accompagnée d’amis, a pu entamer un convoyage vers Dunkerque, le port d’attache du dernier Ikone 750…
Mathilde était venue nous rencontrer au Salon Nautique 2018 et je l’avais assuré que nous l’aiderions pour qu’elle récupère son bateau.
Pierrick de KERVENOAEL a toujours été présent pour nous aider et bien évaluer le travail à faire… son concours a été des plus précieux.
Cette histoire est emblématique : il existe de nombreuses mésaventures similaires et les responsables qui ont ainsi floué des clients et coulé des chantiers s’en sortent toujours….
Pour Mathilde, cela se termine relativement bien même si son bateau lui a coûté beaucoup plus cher que prévu. Mais Marion est maintenant fiable et lui procurera beaucoup de plaisir.
En tous cas le chantier Idbmarine est content d’avoir pu contribuer à cette fin heureuse pour Mathilde et Marion.

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