Malango 999 “DAUPHIN FRANC” : convoyage de Concarneau à Roscoff

Résumé du convoyage envoyé par François : merci !

Après un dernier coup d’œil de Pascal d’IDB Marine sur notre Malango 999 Dauphin Franc, nous sommes partis en début d’après midi de Concarneau, pour rejoindre Roscoff.
Pas d’indications de vent, Pascal nous a aidé par téléphone à tout reseter, ensuite ça marchait.
Pas de vitesse surface : là on a vérifié, électriquement tout allait bien, c’est la roue à aube du capteur qui était sale. On y remédiera plus tard, sachant tout de même que retirer le capteur implique de faire rentrer un peu trop d’eau dans le bateau.
Conditions bonnes, quoi que le vent soit un peu faible . Nous avons dû mettre le moteur 1 h ou 2 , ensuite on a envoyé le genaker et là on allait 4 à 5 nd pour 6 à 8 nd de vent réel.


En route vers notre première escale, un arrêt en embuscade au mouillage de Ste Evette pour attendre le créneau favorable pour passer le raz de Sein, nous avons croisé un Malango 1045, reconnaissable de loin à sa silhouette . Ce Malango s’est avéré être Atria 2, qui a d’ailleurs tenté de nous appeler à la VHF (on s’est raté de peu).
La photo est un peu floue, ce n’est pas la vitesse relative, mais les limitations de l’appareil en faible luminosité (et sans doute aussi les limites du photographe…)

Ensuite, arrivée peu après minuit à ste Evette, où nous avons pris un mouillage visiteur.
Le lendemain, grand beau temps et température plus que clémente (alors qu’il faisait déjà froid et couvert à Brest, nous allons regretter Concarneau et les Glénan) . Nous avons pu nous balader avec l’annexe et son moteur électrique, c’est vraiment rapide et facile de mettre l’annexe à l’eau et d’installer le moteur (9 kg, se manipule d’une main !) puis la batterie (4 kg).
A ce propos, on voit bien la plate forme arrière qui permet de refermer le cockpit, petite particularité de notre Malango. A l’usage, c’est sécurisant et très pratique, en particulier pour embarquer / débarquer de l’annexe.

Puis nous sommes partis, nous avons passé le raz par mer plate de chez plate (la preuve en photo).  Mais ce n’était pas fini !

Les merveilles de l’AIS : Nous avions opté pour un AIS avec émetteur permanent, et Pascal nous avait d’ailleurs vanté la visibilité que cela donnait à notre bateau : il ne croyait pas si bien dire, un peu avant d’arriver à la hauteur du goulet de Brest, nous entendons sur le canal 16 un « Pan Pan Pan » relayé par le Cross Corsen, suivi de quelques explications et du nom d’une bouée. Après 15 secondes de réflexion suivies d’un coup d’œil sur la carte, nous arrivons à la conclusion que ce n’est pas très loin de notre position, mais le Cross encore plus rapide nous appelle directement par notre nom sur le canal 16, et après un rapide échange sur nos possibilités nous dépêche sur zone. En fait ils nous ont identifiés et localisés via notre AIS. D’ailleurs, alors qu’en approche immédiate du bateau en difficulté nous lofons de 90 ° le temps d’affaler la GV, ils nous appellent dans les 20 s pour nous demander pourquoi nous changeons de route : ne vous retournez pas, vous êtes suivis…
Il s’avère que le bateau en difficulté, un petit canot à moteur avec 3 personnes à bord, est en panne sèche (90CV quand même, ça boit ces bêtes là) et a mouillé près de la basse où ils pêchaient. Ils ont déjà réussi à contacter un ami à terre, par téléphone, et celui-ci est censé être en route pour leur apporter quelques jerrycans d’essence. Mais ils n’ont pas de VHF à bord, et nous faisons donc relais avec le Cross, une fois à portée de voix avec eux.
Après 2 heures d’attente, le ravitaillement est fait et ils peuvent repartir ; il était temps, la nuit est tombée, leurs feux sont à peine visibles, et il ne fait plus très chaud.
Du coup , nous avons tourné pendant 2h ½, laissant une trace étrange à l’AIS, et Pascal qui suivait sur le site internet ad hoc nous demande ensuite ce qui nous a pris : ne vous retournez pas, vous êtes toujours suivis…

Nous reprenons notre route quand le Cross nous libère, et nous arrivons de nuit à l’Aber Ildut. J’ai hanté ce lieu plus souvent qu’à mon tour, en particulier en kayak, et nous rentrons sans trop de difficulté, nous parvenons même à nous amarrer du premier coup sur une haltère (ceux qui connaissent apprécieront). A ce propos, nouvel avantage de l’annexe en tunnel, nous avons mis en un clin d’œil l’annexe à l’eau pour porter la seconde amarre, ce qui facilite beaucoup ce genre de manœuvre.
Coucher à 1 h du matin quand même.

Le lendemain matin, après un départ au lever du soleil, nous chenalons au moteur en sortie de l’Aber, mer plate et bonne visibilité, quand au niveau de Pierre de l’Aber : gros bruit et vibrations dans le cockpit. Par chance, j’avais la main à 20 cm de la manette des gaz, je passe instantanément au point mort. Guère de doute possible, nous avons pris un orin dans l’arbre.
Il s’avèrera après avoir résolu notre pb que c’était bien un flotteur de casier à l’origine du problème, que ce flotteur était encore dans le chenal, et qu’il était à peine submergé, donc totalement invisible à ce moment de la marée (haute).
Heureusement, le bateau ne dérive pas, le bout tient au fond. Il y a peu de vent, peu de courant, peu de vagues.
Après une rapide réflexion, nous bossons une aussière sur l’orin pour soulager la partie emmêlée autour de l’arbre, et le bateau étant stable nous décidons d’aller voir. Nous n’avons pas de bouteille, pas de combi de plongée, juste une paire de palmes et un masque, ainsi que le leathermann réglementaire pour couper trancher etc. Mon coéquipier, officier de Marine, plongeur tout temps (il faut savoir choisir ses amis), se met à l’eau (15.4 °C selon le tridata B&G, simplement très froid selon nous) et :

  • Plonge pour voir l’étendue du désastre
  • Puis plonge pour couper et séparer le flotteur
  • Puis plonge pour couper et désentortiller le bout enroulé autour de l’arbre
  • Puis plonge pour vérifier de près que l’arbre n’a pas bougé et que l’hélice se déplie/replie à la main
  • Puis après s’être écarté un peu, plonge pendant que je remets le moteur en route et fais un essai : pas de vibrations, l’hélice se déploie, ça pousse.
  • Dans la foulée, il plonge aussi pour nettoyer le capteur loch.

Il aura passé une solide demi-heure dans l’eau, sans combinaison : je confirme qu’il faut savoir choisir ses amis !
Au total, on a pris 2h ½ de retard, et bien entendu nous avons maintenant tous les courants contraires, ce qui dans cette zone (en gros, au large de Portsall / ile Vierge) est tout sauf un détail.
D’un autre côté, avec à nouveau une vitesse loch utilisable, le pilote barre bien mieux en mode vent, nous pouvons donc rester une bonne partie du temps à l’abri de la capote.
Nous arrivons finalement de nuit à Roscoff, 2 h du matin.
Mon prochain achat sera une combi de plongée intégrale, avec bottines et gants !

Au total on a fait pas mal de distance à deux.
Le bateau reste très facile, rapide (on va typiquement à la vitesse des voiliers de 12 ou 13 m qu’on rencontre), et gérable sans beaucoup d’effort vu son poids encore raisonnable.
On rattrape encore à la main les manœuvres de port approximatives (bon, on s’améliorera) et rien n’est très fatigant.
Le pilote marche bien, je suis très content du radar intégré à l’électronique de bord, qui est simple à mettre en œuvre et s’avère encore plus utile que je ne le pensais (comprendre ce qui se passe, de nuit dans le chenal du Four, avec un peu de brume …)
Le solent auto vireur est extrêmement efficace, dès 8-9 nd de vent réel on va à mon avis très près du potentiel du bateau, le virement est d’une facilité rare surtout sous pilote, pratiquement sans ralentir.
Le bilan est positif, je pense toujours que c’est le plus beau bateau au monde.
Un gros merci aussi au chantier et à Pascal, pour leur réactivité dans la mise au point du bateau, et leur constante bonne humeur face à mes questions nombreuses.

3 réflexions au sujet de « Malango 999 “DAUPHIN FRANC” : convoyage de Concarneau à Roscoff »

  1. Bonjour
    Merci pour la photo d’Atria II
    A ma grande honte je n’ai pas pris de photo de votre bateau sous gennaker mais il est vrai que la nuit commençait à tomber
    Je suis totalement d’accord sur vos conclusions sur la maniabilité des Malango et le côté plus pratique de l’annexe en tunnel
    Pour info de Roscoff à l’Aber Ildutl nous avons fait une pointe à 17.7 nœuds mais il parait que ce n’est pas le record
    Cordialement
    Claude

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