Maxi 650 991 : qualification record !

Jean MARRE à bord de son Maxi 650 991 vient de réaliser brillament sa qualification de 1000 milles en solo  !

Il a profité d’une fenêtre météo idéale pour battre le record en descendant le temps de parcours sous les 5 jours, exactement 4 jours et 22 heures, soit une moyenne de 8,5 knts sur prés de 5 jours !

Ci dessous le résumé par Jean de cette qualification :

Plus d’une semaine après que je sois rentré et après avoir enchaîné avec un entraînement de 48h au large à nouveau avec le coach, me voilà bien reposé et d’attaque pour la suite 💪

Surtout, je peux commencer à mettre des mots sur une si belle expérience qui a commencé dans le stress 😅 Voici le début :

UNE AVENTURE QUI A COMMENCE SUR LES CHAPEAUX DE ROUE

Lundi 29 🗓️
9h – Avant le WE, les fenêtres météo (🧐 le bon créneau météo) ne semblaient pas bonnes pour cette semaine, un départ en qualif’ ne semblait pas d’actualité. Je vais pouvoir peaufiner ma préparation !

9h30 – Appel du coach qui me prévient qu’une fenêtre vient de s’ouvrir, il faut absolument partir ce soir, ça va aller vite et il ne faut pas trainer. Des grosses dépressions arrivent en fin de semaine sur l’Irlande.

Ni une ni deux, BRANLE-BAS DE COMBAT. Il faut finaliser les préparatifs : une journée intense pour pouvoir envisager un départ dès ce soir.

C’est déjà la course avant même de commencer. Ça met dans le bain et le stress monte !

21h – DÉPART du ponton aidé et encouragé par les copains du pôle & Emilie qui me larguent les amarres.
Me voilà parti pour plus de 1000 milles nautiques soit 1800 km de navigation, tout seul, sur mon petit bateau.

L’émotion me submerge ! Ca y est ! Enfin !
Devant moi : une des étapes clés du projet pour pouvoir se qualifier pour la Mini Transat, le grand objectif !

C’est l’explosion d’émotions au moment de quitter la rade de Lorient pensant à tout le chemin parcouru pour arriver là à l’assaut de cette belle aventure.

Un peu stressé évidemment mais tellement content d’aller à la rencontre de ces 5-6 jours d’inconnu.

Le ciel gris et bas, la pluie et le vent fort annoncé pour cette première nuit ne gâchent en rien ce bonheur !

UNE PREMIÈRE NUIT QUI TAPE 💥

Tout de suite, il a fallu se mettre dans le bain, et c’est contre le vent que je remonte progressivement la pointe Bretagne à travers l’Archipel des Glénans.

Je me faufile entre les pêcheurs qui me tournent autour, les navires militaires qui patrouillent, les cailloux qui m’entourent.

Une première nuit éprouvante entre la veille active stressante et le vent fort qui rend la vie à bord compliquée face au vent et la mer qui tape.

Au petit matin, ça se calme et je trouve un angle plus favorable pour filer vers le fameux Raz de Sein et la Rade de Brest, connu pour ses courants très puissants.

Les paysages sont magnifiques : une brume très basse couvre les côtes et m’enveloppe dans une atmosphère surréaliste.

Le bateau commence à accélérer fort au fur et à mesure que l’angle devient plus favorable.

Passé le Raz de Sein, je hisse le spi devant et glisse enfin pour la première fois depuis le départ, ça va vite !

Je me rapproche maintenant de la Manche à presque 12 nœuds de moyenne ! 🚀

UN ALLER RETOUR EN IRLANDE EXPRESS 🚀

MARDI 30/06 & MERCREDI 01/07

La traversée de la Manche est express à presque 10 nœuds de moyenne.
Je fais attention à l’autoroute des cargos que je traverse. On échange quelques mots à la VHF, la radio du bord, ça fait un peu de compagnie ! Et au moins, on s’assure qu’on ne sera pas en route de collision.

Le bateau file dans une mer un peu formée et rebondit à chaque accélération ! Le confort n’existe plus mais on n’est là pour ça et le plaisir est immense de le voir accélérer à chaque vague 🌊

Un détail vient gâcher cette belle traversée : j’ai oublié dans ma préparation hâtive un élément clé pour pouvoir envoyer une de mes voiles principales qui attend sagement d’être envoyée : le gennaker. Je me maudis et essaye de trouver des solutions de remplacement.

Heureusement, j’en aurai finalement très peu besoin et j’ai réussi à trouver des moyens de l’envoyer malgré tout. Mais c’est une belle leçon et mes préparations futures seront plus rigoureuses.

Ça bombarde jusqu’à la mer celtique où le vent faiblit un peu en arrivant à cette fameuse bouée que l’on doit tourner en Irlande 🚩

J’ai à peine le temps de profiter de la belle côte verte qui se dessine devant moi sous les nuages que je suis déjà reparti pleine balle vers l’Angleterre et un nouveau passage de la Manche express.

Presque pas le temps de profiter de cette première étape hautement symbolique !

Ca mouille, ça tape, il fait froid et j’ai du mal à me réchauffer la nuit mais au moins ça file !

Un gros coup de vent me surprend en mer d’Irlande mercredi soir, c’est un peu la guerre dans le bateau et je saute sur mon pouf à chaque vague. Le bateau est incroyable de stabilité et continue d’accélérer.

Je stress un peu pour le matériel mais rien n’y fait, il continue sur sa lancée imperturbable.

Ce sera définitivement une traversée express ! 💥

LE RETOUR EN FRANCE : LA DECOUVERTE DU PARADIS 🤩

JEUDI 02/07 : CALME et VOLUPTÉ 🌅

Une fois de retour en France, le raz de sein passé dans l’autre sens, c’est la redécouverte !

Une mer plate, un vent léger de 12 nœuds, un air chaud.

Après 48h avec un vent de travers, je glisse doucement sous spi avec un vent arrière qui me permet de faire sécher toutes les affaires, de reprendre un peu soin du bonhomme et lancer un gros apéro à base de saucisson !

De très beaux souvenirs de glisse sous la pleine lune avec les dauphins en route vers la 2ème marque du parcours : le Plateau de Rochebonne à l’ouest de la Rochelle 😍

VENDREDI 03/07 : OSCILLATIONS et RÉGLAGES 🌀

Toujours sous spi, je continue ma descente que je pensais plus reposante.
Mais c’était sans compter sur un vent très oscillant qui n’arrêtait pas de varier de plus de 30° et m’empêchait de me reposer. Il fallait être sur le pont constamment pour garder la bonne trajectoire ou les bons réglages …

Très fatiguant avant d’attaquer le dernier gros morceau du parcours : le pont de l’Ile de Ré et la remontée vers Lorient le long de la côte.

Ce qui compte, c’est le bonheur d’être là et je n’en reviens pas à quel point le parcours est rapide ! C’est un sentiment vraiment puissant d’être seul sur son bateau avec la mer à 360°.

La fatigue aidant, c’est avec beaucoup d’émotions que j’arrive à cette dernière marque de parcours !

UNE REMONTEE VERS LORIENT EPROUVANTE 😳

SAMEDI 04/07

On m’avait prévenu, il faudra être reposé pour passer le pont de l’Ile de Ré et faire la remontée vers Lorient : avec les pêcheurs, les casiers, la côte, il faut être d’attaque.

Du coup, je ne dors pas de toute la nuit pour pouvoir passer le pont de l’Ile de Ré en sécurité : c’est assez impressionnant de passer sous cet énorme pont en pleine nuit entre les odeurs de pétrole du port industriel et les lumières dans tous les sens, on est un peu perdu !

Pas de repos non plus après le pont, coincé entre l’Ile de Ré et la côte où il n’y a pas beaucoup de profondeur, je ne veux pas me faire coincé par le vent qui oscille beaucoup et risque de se caler face à moi.

Au petit matin, je sors enfin de l’Ile de Ré et le vent monte comme prévu, peut-être un peu plus. La remontée va être costaud💪

J’essaye de me reposer un peu mais la mer commence à se lever et le vent commence à monter. Impossible de ne pas barrer et il faut alterner les réductions de voilure.

Etant sur le pont depuis hier soir, je commence à avoir très faim et m’oblige à manger un excellent aligot lyophilisé à 8h du matin pour être d’attaque sur cette dernière journée.

Une fois passée l’Ile d’Yeu et ses nombreuses zones de pêche, je me dis que j’aurais un peu de repos mais la mer qui vient de l’Ouest n’est plus arrêtée par les différentes iles. En approche de Saint-Nazaire, c’est une mer énorme et cassante qui se dresse devant moi.
Impossible de lâcher la barre pour éviter que le bateau ne tape trop fort.

Pour passer le temps à la barre, j’enchaine les podcasts qui me permettent aussi de m’évader quelques minutes de ce gros temps et des craquements du bateau.

La fatigue commence à bien se faire sentir à mesure que les paquets d’eau de mer s’accumulent sur le visage 🌊

Je fais le dos rond jusqu’à Belle-Ile qui me protège enfin de la mer et le bateau peut enfin réaccélérer pour les derniers runs de vitesse, j’en profite à fond, une dernière fois !

Il pleut, il fait très gris mais ca y est, on approche de l’arrivée et j’ai presque peur que ça s’arrête 😥

 

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