Mini-Transat 2019 : Patrick Dijoud, le doyen des bizuts sur Maxi 650

Il fêtera ses 61 ans le 1er octobre, à l’issue de la première manche, aux Canaries. Sur son Maxi 650 Toushuss, le Combritois Patrick Dijoud, formateur au Centre européen de formation continue maritime (CEFCM), à Concarneau, sera un des doyens de la Mini-Transat, qui partira de La Rochelle le 22 septembre.

Patrick Dijoud sur son Maxi 650, à La Rochelle : « Je cours pour arriver et pour me faire plaisir. Je ne suis pas à la recherche d’un tremplin pour démarrer une carrière ».
Patrick Dijoud sur son Maxi 650, à La Rochelle : « Je cours pour arriver et pour me faire plaisir. Je ne suis pas à la recherche d’un tremplin pour démarrer une carrière ». (DR)

La Mini-Transat, pour vous, c’est un vieux rêve ?

Quand j’avais 18-20 ans et que je faisais des études en marine marchande (*), on y avait pensé, avec des copains. On commençait tous la voile. Et puis c’en est resté là. Après, depuis 1995, j’ai fait toutes les régates de Bretagne. En fait, le déclic a eu lieu pour la dernière Mini-Transat, à laquelle a participé la compagne d’un collègue. En même temps, on a appris que le chantier IDB Marine allait construire son Maxi 650 avec un nez rond. Je trouvais ça intéressant, et je voulais faire une transat. J’avais envie de faire une course au large, avant d’être trop vieux.

Je cours pour arriver et pour me faire plaisir. Je ne suis pas à la recherche d’un tremplin pour démarrer une carrière.

Cette course a la particularité d’être un tremplin pour de nombreux jeunes skippers. Vous avez un profil atypique, au milieu de tous ces concurrents.
J’aurai 61 ans le 1er octobre. J’espère les fêter au Canaries, ou alors en mer. Un autre skipper a 64 ans, mais lui l’a déjà courue. Par rapport aux jeunes, moi je ne cours pas pour la gagne, même si le bateau est performant. Je cours pour arriver et pour me faire plaisir. Je ne suis pas à la recherche d’un tremplin pour démarrer une carrière. Après, si on marche, tant mieux. Je suis quand même régatier, à la base. Où ça a surpris, c’est sur les deux premières courses de la saison, en Italie. On a gagné la première, l’Arcipelago, et on a fait 2e au Grand prix d’Italie. Mais dès qu’on est arrivé dans l’Atlantique, je suis retourné à ma place, vers la 20e.

Comment avez-vous pu concilier préparation et entraînements avec votre métier de formateur au CEFCM ?

Ça s’est très bien passé. Quand je suis allé voir le directeur pour lui présenter le projet et lui demander si c’était possible d’être libéré à des dates précises, et de prendre quatre mois sans solde, il a tout de suite été partant. Il y a deux autocollants du CEFCM sur la coque. Et puis c’est sympa, au niveau communication interne.

Vous faites partie de l’équipe du Centre d’entraînement mini 6.50 de Concarneau. Essentiel, dans votre préparation ?
C’est indispensable. Si on n’est pas dans un centre d’entraînement, on ne peut rien faire. Il y avait le centre de Lorient, mais j’ai opté pour Concarneau, vu que j’y travaille. Il y a une super ambiance ici. On est cinq à faire la Mini, dans une bonne synergie. C’est Erwan Tabarly qui nous coache, après Gildas Morvan. Des pointures… Je reconnais que je n’en ai pas profité tant que ça. Pour me qualifier, il fallait que je fasse 1 500 milles. Et donc entre février et avril, je suis allé faire des courses en Italie. Mais il y a une vraie solidarité, entre les membres du centre. On va faire toute la préparation météo ensemble, à partir de cette semaine. Cette solidarité est propre à toute la classe Mini. À terre, il n’y a aucune concurrence.

On a un bon suivi. Le fait que ce soit un chantier local facilite le contact.

L’aventure est aussi locale pour votre bateau, puisqu’il a été construit par le chantier IDB Marine, de Trégunc.
J’ai suivi toute la construction du premier Maxi 650. J’allais sur le chantier toutes les trois semaines. Mon bateau est sorti fin août 2018. Le chantier m’a bien aidé. On a mis le bateau à l’eau le vendredi soir, il a été jaugé le samedi, on a fait la première course de quatre jours le jeudi. En rentrant, ils m’ont installé les panneaux solaires et je suis parti tout de suite sur la grosse qualification de 1 000 milles, avec le bateau à peine sec. Après, j’ai tout suivi avec eux. Ils reviennent à La Rochelle ce lundi. On a un bon suivi. Le fait que ce soit un chantier local facilite le contact.

Vous êtes paré pour le 22 ?
Oui, il ne reste pas de choses fondamentales à faire. Et physiquement, je suis très surpris, mais ça se passe bien. Avec mon âge, il faut faire attention. C’est pour ça que jusqu’à présent, je n’ai pas fait de bons résultats. J’étais toujours en dedans. Je ne voulais pas me blesser. Quant à l’attente jusqu’au départ, on se demandait ce qu’on allait faire pendant quinze jours, à La Rochelle. En fait, on n’arrête pas.

(*) Avant d’enseigner, Patrick Dijoud a travaillé de nombreuses années dans la Marine marchande.

© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/finistere/concarneau/mini-transat-patrick-dijoud-le-doyen-des-bizuts-15-09-2019-12383342.php#ISMqXPQhQFbWulHK.99

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